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L’Economie Sociale et Solidaire

Thème : L’Économie Sociale et Solidaire, levier de développement pour le Maroc ?

Intervenants :

 

Qu’est ce que l’Économie Sociale et Solidaire :

Contexte :

L’Economie sociale et solidaire est un sujet d’actualité, mais qui est au cœur des stratégies alternatives de développement au Maroc depuis longtemps. Elle prend son ancrage dans les valeurs humaines. Comme le disait Abou Abbass Sebti et Ibn Rochd : « l’existence procède de la générosité ».

Aujourd’hui, l’ESS est un vecteur de développement endogène, à fort potentiel, mais insuffisamment exploité. Tandis que la croissance est le but ultime, on constate qu’il y a une corrélation positive entre le taux de croissance et les inégalités. L’ESS recherche une croissance non pas à tout prix, mais génératrice de développement pour les parties prenantes les plus démunies, pour les maillons de la chaine les plus faibles.

L’ESS est un terme polysémique qui se définie par trois dimensions:

  • Les parties prenantes ;

  • Les finalités de ces actes (contrairement aux entreprises classiques, la maximisation du profit n’est pas la finalité des entreprises dites « responsables ») ;

  • Les principes qui régissent ces actes : générosité, entraide, développement économique et social.

 

Il existe deux approches théoriques :

  • l’approche institutionnelle qui repose sur le statut des acteurs ;

  • l’approche normative qui repose sur les valeurs éthiques.

 

Charte de l’économie sociale et solidaire :

  • L’homme prime sur le capital et la recherche de profit ;

  • Toute personne peut participer et assumer sa responsabilité ;

  • Une gouvernance démocratique ;

  • Un investissement solidaire : le surplus dégagé sera réinvestit.

L’ESS est un vecteur de la croissance inclusive. Le Maroc a ainsi deux défis : l’inclusion sociale et l’inclusion territoriale.


Cas des Open Villages :

Un modèle

Le modèle des pays développés est le suivant: Le monde rural dispose des ressources naturelles et des matières premières, mais toute la transformation se fait dans les villes.

Cependant, ce modèle semble aujourd’hui défaillant et a créé des crises économiques, sociales, et écologiques majeures.

L’ESS ne devrait pas constituer une alternative qui se manifeste à travers les coopératives et les associations, mais plutôt un modèle de développement qui peut se déployer dans tous types de secteurs et de marchés, et qui peut englober l’ensemble des parties prenantes.

Il existe 3 types d’économies qui forment l’économie sociale et solidaire :

  • l’économie de subsistance

  • l’économie d’accumulation

  • l’économie de relation

Il est impossible d’être autonome sans être solidaire.

C’est ce qu’on observe dans les « Opens Villages » : chaque village a définit les modalités par lesquelles il créé de la solidarité. A Tizi N’Oucheg par exemple, village à 30 km de Marrakech, il existe une solidarité entre voisins mais pas seulement. Tout le village, avec l’aide des villages voisins, se sont alliés pour mettre en place les infrastructures et construire eux même la route.

Les villages marocains sont généralement confrontés aux mêmes types de problèmes :

  • Education

  • Energie

  • Exode rural

  • Perte du savoir faire

  • Perte de la culture locale face au consumérisme

L’idée est de :

  • Utiliser les ressources existantes autour du village afin de créer de la richesse et du bien être ;

  • Accompagner les villages dans l’identification de ces ressources (écoles spécialisées, communautaires, etc.) ; 

  • Mettre l’éducation au service du développement ;

  • Créer des « passerelles » entre les villages pour créer de la solidarité et une synergie dans l’utilisation et la valorisation des ressources.

« Le développement rural ne doit pas être considéré comme un phénomène émanant seulement de l’état mais un phénomène de société ».

 


Cas du village Tizi N’Oucheg :

Il y a 20 ans, Tizi N’Oucheg était un village sans électricité, sans eau courante, sans école ni revenus stables, que ses habitaient désertaient progressivement.

Les villageois ont alors décidé de prendre le problème à bras le corps et ont créé pour cela une association pour réfléchir sur les problématiques majeures et sur les moyens de les régler pour améliorer la situation générale des habitants. Ils ont donc élaboré une liste de projets : Éducation, route, eau potable...

Depuis :

  • L’eau potable a été installée au village ;

  • Les habitants ont construits par leurs propres moyens une piste qui relie le village à la route ;

  • L’association prend en charge le transport des élèves pour les acheminer vers les établissements scolaires les plus proches (4 élèves en 2011, 50 aujourd’hui).

  • La production de confitures d’églantine, de mûres, de figues de barbarie a démarré et constitue une source de revenus pour les femmes du village (80 pots la première année, 3000 pots en 2016).

  • Les usines situées aux alentours les fournissent en chutes de cuir, utilisées pour fabriquer des tapis ;

  • Un gîte rural a été créé par le guide touristique originaire du village (Rachid Mandili, véritable propulseur de Tizi N’Oucheg), employant aujourd’hui jusqu’à 14 personnes ;

  • Des bassins de traitement des eaux usées ont été construits, propulsant le village au rang de village éco-responsable ;

  • Un système de triage des déchets a été mis en place.

 

Initiatives identifiées:

PVFR / Programme de Décentralisation de la Formation dans les Zones Rurales, portée par Mme Salima Hammoujite :

Objectifs :

  • Lutter contre l’exode rural ;

  • Amener la formation dans les villages;

  • Mettre en place une coopérative pour regrouper les métiers et créer une synergie de moyens et de ressources.

 

Programme de formation à l’agro écologie avec l’association Terre & Humanisme à travers le programme CIPA: Des formations à l’agro-écologie sont dispensées à des personnes venant de toutes les régions du Maroc, afin notamment de produire avec le minimum de moyens et d’efforts tout en respectant l’environnement et en valorisant les ressources naturelles.

http://terre-humanisme.org/maroc-formation-agroecologique

 

Artisanat : L’idée d’un lexique de l’artisanat, métiers disparus et métiers en cours de disparition (59 métiers) émerge, afin de valoriser les métiers de l’artisanat et éviter que ces talents liés à nos coutumes ancestrales ne disparaissent face à la mondialisation et au consumérisme accru.

Juridique : Il s’agit de réaliser des benchmarks sur les conditions juridiques et légales optimales pour encourager les financements de projets sociaux et solidaires. En effet, l’ESS n’est que très peu encadrée aujourd’hui dans le paysage législatif marocain, il n’existe pas de synergie entre mutuelles, et les associations ne semblent pas prévues dans la loi actuelle.

Impôts : Aujourd’hui, les impôts ignorent les charges des villages. A l’instar de l’Europe et de l’impôt pour restaurer le patrimoine, il s’agit de trouver un moyen pour que les touristes puissent profiter de l’environnement rural marocain et du tourisme éco-responsable de façon encadrée et légale.